Omicron : trois inconnues et trois choses que nous savons sur le nouveau variant qui inquiète le monde

Omicron, le dernier variant du SRAS-CoV-2 à avoir été détecté et le plus mutant à ce jour, est au centre de l’attention des autorités sanitaires, des gouvernements et de la population du monde entier. Certains craignent que, parce qu’il est si différent de la version originale identifiée pour la première fois à Wuhan, en Chine, il soit plus contagieux, plus mortel ou qu’il se moque de l’effet des vaccins et des traitements.

Il est trop tôt pour savoir à quel point nous devons nous inquiéter, préviennent les scientifiques, qui appellent à la prudence tant que l’on ne connaît pas tous les détails. Différentes projections suggèrent que dans une période de deux semaines nous pourrions avoir des informations plus cohérentes à ce sujet. Nous expliquons trois aspects que nous connaissons déjà sur le nouveau variant et les trois inconnues qui préoccupent le plus les experts.

Il n’y a pas de doute : ce qui inquiète le plus les autorités sanitaires, c’est le nombre élevé de mutations de l’omicron. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a défini comme « variant préoccupant », la catégorie de la liste connue du SRAS-CoV-2 dans laquelle on trouve également les variants alpha, bêta, gamma et delta. Elle comprend les variants du virus qui se transmettent plus facilement, qui sont plus virulents ou qui réduisent l’efficacité des mesures de protection ou des vaccins et traitements disponibles. Le variant a été détecté pour la première fois en Afrique du Sud, ce qui n’implique pas qu’il y soit apparu. C’est l’un des pays du continent qui dispose de la plus grande capacité technique pour la détection des variants. Plusieurs pays ont imposé de sévères restrictions à ce pays et à d’autres pays d’Afrique australe.

Mais malgré ces restrictions, des cas ont déjà été enregistrés dans plusieurs des pays qui, quelques heures auparavant, avaient annulé des vols ou imposé de nouvelles mesures de contrôle aux passagers en provenance de cette région. La Belgique, premier pays d’Europe à découvrir un cas sur son territoire, a signalé qu’il s’agissait d’un touriste arrivé le 11 novembre d’Égypte. Le variant a été identifié pour la première fois le 9 novembre, soit deux jours plus tôt. Au Royaume-Uni, il y a quelques cas enregistrés pour lesquels il n’y a pas d’antécédents de voyage en commun connus, ce qui pourrait être une indication de transmission communautaire, bien que cela ne puisse être connu qu’au vu de l’évolution de la situation.

Les scientifiques ont mis en garde dès le début : Nous ne dominerons pas le virus si le monde entier ne suit pas le rythme dans la course à la vaccination.

Il y a beaucoup d’inégalités dans les taux de vaccination et les pays africains sont en queue de peloton, loin derrière les pays disposant de plus de ressources. Selon ‘Notre Monde en Chiffres’, seulement 10% de la population totale de l’Afrique a reçu au moins une dose. En Europe, aux Etats-Unis et au Canada, et même en Amérique latine, ce pourcentage dépasse les 60%.Pour parler de niveaux raisonnables d’immunité, les experts soulignent que plus de 80 % de la population mondiale doivent être complètement vaccinés. Il a été démontré que les vaccins protègent non seulement contre les formes les plus graves de la maladie, mais ont également un impact significatif sur le ralentissement de la transmission de l’agent pathogène.

L’OMS a averti lundi que le risque posé par l’Omicron pourrait être « très élevé ».

En Afrique du Sud, le docteur Angelique Coetzee, qui est à l’origine de la découverte du nouveau variant, a déclaré à la BBC que les patients qu’elle a traités présentent des symptômes très légers et que, jusqu’à présent, ils n’ont pas nécessité d’hospitalisation. Mais le virus peut se comporter différemment en fonction de la démographie.

« Les populations de l’Afrique et des pays européens ou nord-américains sont différentes. Par exemple, en Afrique, il y a des pourcentages plus élevés de maladies endémiques et cela peut avoir un impact sur la gravité ou la transmission du virus », explique Tang. « Les premiers rapports en provenance d’Afrique indiquent des symptômes plus légers et il n’y a pas de rapports de dommages neurologiques tels que la perte du sens ou de l’odorat », précise Tang.

-Les symptômes de la variante omicron, selon le médecin qui l’a découverte en Afrique du Sud. « Un nouveau variant plus adapté à l’homme pourrait perdre toutes ces complications que nous avons observées avec d’autres mutations et ressembler davantage aux souches de rhumes courants que nous voyons chaque saison », poursuit-il. « Mais, comme pour les vaccins, nous ne sommes pas tous pareils. Il y a beaucoup d’hétérogénéité et le virus affecte les gens différemment », ajoute M. Bautista.

bbc.com/afrique