Litterature

DJASSA – La Civilisation de la Fraternité est un essai historique et culturel qui invite à revisiter l’histoire des peuples Sénoufo, Malinké, Peulh et Dioula afin de mieux comprendre leurs origines, leurs interactions et leur contribution à la construction de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique de l’Ouest.

L’ouvrage part d’un constat : dans les débats contemporains, certaines communautés, notamment les Dioula et les Peulh , sont parfois perçues par une partie de la population comme étant « venues d’ailleurs » ou moins enracinées dans l’histoire nationale. L’auteur propose d’examiner cette perception à la lumière de l’histoire plutôt que des préjugés.

À travers une lecture des migrations anciennes, des échanges commerciaux, des alliances politiques, des mariages entre communautés et de la diffusion des savoirs, le livre montre que les frontières actuelles sont récentes au regard de plusieurs siècles de circulation des populations en Afrique de l’Ouest. Les peuples qui vivent aujourd’hui en Côte d’Ivoire ont construit, au fil des siècles, des liens familiaux, économiques, culturels et religieux qui dépassent les découpages étatiques modernes.

L’essai rappelle que les Dioula ont joué un rôle majeur dans le développement du commerce, des villes marchandes et des échanges entre les différentes régions, tandis que les Peulh ont contribué au développement de l’élevage, des réseaux pastoraux, des savoirs religieux et des échanges culturels. Les Malinké et les Sénoufo, quant à eux, ont façonné de nombreuses institutions politiques, agricoles, artisanales et culturelles qui ont profondément marqué l’histoire régionale.

Le concept de Djassa devient alors le symbole d’une civilisation où les identités ne s’opposent pas mais se complètent. Il représente une mémoire commune fondée sur l’hospitalité, la solidarité, la confiance, le dialogue et le respect des différences.

L’auteur invite également à distinguer les réalités historiques des représentations contemporaines. Sans nier que des migrations ont existé à différentes époques, il souligne que la construction de la nation ivoirienne repose sur la contribution de nombreuses communautés installées de longue date sur son territoire. La question n’est donc pas de savoir qui serait « plus ivoirien » qu’un autre, mais de reconnaître que l’histoire du pays est le fruit d’un héritage partagé.

Le livre plaide ainsi pour une lecture apaisée de l’histoire, capable de dépasser les discours d’exclusion ou de méfiance entre communautés. Il défend l’idée que la cohésion nationale se construit davantage par la reconnaissance mutuelle que par la compétition des origines.

En conclusion, DJASSA – La Civilisation de la Fraternité affirme que la diversité des peuples n’est pas une faiblesse mais une richesse. En retrouvant la mémoire de leurs liens historiques, les Ivoiriens et, plus largement, les peuples d’Afrique de l’Ouest peuvent renforcer leur unité, consolider la paix et transmettre aux générations futures une culture de fraternité plutôt que de division.

Message central

Le livre porte une idée simple : les identités culturelles peuvent être pleinement reconnues tout en s’inscrivant dans un destin national commun. Il invite le lecteur à remplacer les préjugés par la connaissance historique et à faire de la fraternité un fondement durable du vivre-ensemble.@à la une