AfrikMonde.com (06-09-2026) Le gouvernement ivoirien a décidé de faire de la lutte contre l’orpaillage clandestin une affaire de tous. Pour cela, il place la concertation directe avec les populations au cœur de ses priorités. C’est dans le cadre de cette dynamique que le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly s’est rendu le jeudi 3 septembre 2026 à Aboisso, chef-lieu de la région du Sud-Comoé. En présence du corps préfectoral, des élus régionaux et de la chefferie traditionnelle, le ministre a présenté les enjeux d’un secteur stratégique pour l’avenir économique de la Côte d’Ivoire. Il a rappelé les fondements historiques de la politique extractive nationale et souligné que si le père fondateur, Félix Houphouët-Boigny, avait sciemment fait le choix prioritaire de l’agriculture au lendemain de l’indépendance, il avait également prédit qu’il appartiendrait aux générations futures de valoriser les richesses du sous-sol. « Le président Alassane Ouattara s’inscrivant dans la vision du père fondateur et pour répondre aux besoins croissants de développement de notre pays, est arrivé à la conclusion que le moment est venu pour notre pays de prendre avantage de son sous-sol », a expliqué Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Il a précisé que cette volonté politique s’incarne dans la politique intégrée des ressources minérales et de l’énergie, bâtie sur des piliers fondamentaux et non négociables. « L’un des principes est que l’exploitation de notre sous-sol ne doit pas se faire au détriment de l’agriculture, mais bien au contraire, l’exploitation de notre sous-sol doit se faire pour profiter au secteur agricole », a-t-il affirmé, citant également la préservation de l’environnement et l’équité de la redistribution des revenus pour les générations présentes et futures. S’attaquant à la question de l’orpaillage, il a affirmé que le phénomène persiste parce que le tout-répression ne suffit pas. Il a proposé de donner aux populations une alternative. Selon lui, la clé réside désormais dans la participation active des populations locales et de la chefferie à la lutte contre l’orpaillage. « Il faut que nous mettions les communautés au cœur de la recherche de solutions », a-t-il mentionné. Refusant toute complaisance lors des débats, il a appelé à un parler vrai indispensable pour éradiquer ce drame social et écologique, avertissant l’auditoire que « nous sommes tous perdants si cela persiste ».
De leur côté, les dignitaires et cadres du Sud-Comoé ont apporté leur adhésion entière à cette nouvelle dynamique impulsée par la tutelle. Le président du Conseil économique, Social, Environnemental et Culturel (Cesec) et du Conseil régional du Sud-Comoé, Dr Eugène Aka Aouélé, a qualifié l’orpaillage illégal de catastrophe écologique et de réseau structuré de criminalité qui fragilise les terres agricoles et l’autorité de l’État. Saluant les actions du gouvernement et les interventions des forces de défense, il a émis le vœu de voir cette concertation « passer de la seule neutralisation des sites clandestins à la reconquête durable des territoires ».
Pour sa part, le président de la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels, Sa Majesté Amon Tanoé Désiré, a dénoncé les atteintes gravissimes portées aux ressources en eau de la région, précisant que « nos communautés observent quotidiennement les effets de l’illégalité ». Soulignant la proximité irremplaçable des chefs avec les villageois, le souverain a réaffirmé la pleine disponibilité de la chefferie traditionnelle pour relayer les messages de sensibilisation, dénoncer les complices et mobiliser les populations aux côtés des autorités minières.
Nafi SANOGO
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