Insécurité en Côte d’Ivoire : A Songon-Bimbresso, plusieurs domiciles cambriolés, des habitants tailladés à la machette

Tailladé au bras, K. Bertrand doit son salut à Dieu (PH/ O.BATH)

Abidjan, 25-06-2026 (AfrikMonde.com) Depuis plusieurs mois, Songon -Bimbresso, village situé dans la sous-préfecture et commune de Songon dans le district autonome d’Abidjan, jadis le nouvel eldorado des populations de Côte d’Ivoire, vit au rythme de multiples agressions.

Les cambriolages se multiplient

Les habitants de Songon-Bimbresso, précisément du boulevards Koui Mamadou et la rue des Romances sont victimes de nombreuses attaques à l’arme blanche et de cambriolages de nuit, comme de jour. Témoins, riverains et victimes rapportent les faits : « L’an dernier, c’est-à-dire en 2025, alors que j’étais en pleine préparatifs de fêtes de noël et du nouvel an, j’ai été cambriolée. Mon salon de beauté que je venais d’équiper en mèches, perruques, défrisants ont été la cible des voleurs. La serrure du portail était intacte ; ils l’ont tout simplement éventrée », confie dame D. Georgette qui se remémore ce triste souvenir.

Pour N. Victoire, gérante d’une supérette située dans les encablures de la cité Bel Horizon, les quidams ont défoncé la serrure du portail ainsi que celle de la grille avant d’emporter d’importantes quantité de vivres et non-vivres.

« La supérette qui venait à peine d’être ouverte, a été presque vidée par les voleurs. Ils ont emporté des dizaines de sacs de riz, des cartons d’huile, des cartons de cigarettes, des packs de sucrerie…Franchement, cela a été un coup dur pour le propriétaire qui se remet difficilement de cette épreuve », explique Victoire la gorge nouée, avant De confier que les quidams sont revenus la seconde fois, mais fort heureusement, la supérette a eu son salut grâce à l’intervention d’un riverain qui les a mis en déroute.

« Ces mêmes malfrats sont revenus une seconde fois, mais, ils ont été surpris par un riverains qui les a faits fuir. Dans leur débandade, ils ont abandonné leur véhicule de type 4×4 », soupire-t-elle. Même constat au Groupe scolaire les « Winners », une école primaire de la place situé dans les environs de la cité Bel Horizon qui doit également son salut à ce même bienfaiteur. Toujours dans la même zone, des boutiques et domiciles ont été visités par des malfrats. D. Ousmane, peine à rouvrir sa boutique. « J’ai mis toutes mes économies dans l’ouverture de cette boutique. Je n’ai plus rien pour acheter les marchandises. Je préfère rentrer au pays », dit-il les larmes aux yeux.

Les environs des rues des Romances et de Moïse Agbaya, des salons de coiffure, des magasins de gaz, des boutiques etc. ont subi la furia des cambrioleurs. Le dernier cambriolage d’une cour commune composée de plusieurs habitations il y a de cela une semaine, a vu certains habitants tailladés à la machette.

L’une des victimes, Alain, argent de sécurité d’une entreprise de la place raconte : « Le mardi 16 juin 2026, aux environs de 3 heures du matin, alors qu’il pleuvait fortement, mon ami et moi avons été victimes d’une agression des plus sauvages. Nous partageons, mon ami et moi, un studio américain à la rue des romances. Aux environs de 3 heures du matin, ce jour-là, des bruits stridents nous a tirés de notre. Nous avons été taillés à la machette par quatre quidams qui ont emporté notre moto, vos téléphones portables et une importante somme d’argent. Notre voisin qui, attiré par nos cris, a ouvert son portail a été également agressé et cambriolé. Les autres habitants de la cour sont restés terrés chez eux. Cette même nuit, des entreprises ont été cambriolées, un chauffeur de yango a été également agressé. Toute sa recette a été emportée. »

 »J’ai reçu un coup de machette au visage », confie-t-il. (PH/O.Bath)

La peur s’installe dans les quartiers

Face à ce constat amer, les habitants desdits quartiers ont la peur dans le ventre. Dans des quartiers, des réunions sont tenues pour trouver des solutions idoines notamment des veilles d’autant plus que les patrouilles régulières des forces de sécurité se font rares. Outre ces mesures, des habitants se barricadent à doubles tours et dorment d’un œil.

« Je ne dors presque plus profondément. Il suffit d’un petit bruit pour que je m’affole. Au quartier, toute personne suspecte est tout de suite suivie dans ses moindres attitudes. Les visites chez moi à domicile sont limitées », explique M. K. Alphonse un opérateur économique.

Pour Mlle Mireille D, il faut jouer avec la carte de la prudence en évitant des causeries de quartiers entre amis. « Généralement ce sont nos amis à qui nous confions tout qui sont des indics. Ils enregistrent tous les secrets de nos maisons pour aller ensuite les dévoiler à leurs complices qui viennent nous agresser en pleine journée et surtout la nuit », confie-t-il pour sa part.

Les autorités interpellées

Excédés et impuissants face à ces agressions, les habitants pointent un doigt accusateur vers les autorités compétentes qui, selon eux, leurs actions pour résorber cette situation sont insuffisantes. Ils demandent plus de lampadaires, des patrouillent nocturnes et l’installation d’un poste de police de proximité à de Bimbresso.

Une vue de la porte de la chambre des malfrats (PH/O.BATH)

« Les patrouilles sont insuffisantes, les rues des quartiers sont mal éclairées avec ces lampadaires qui n’existent que de nom. Franchement, nous souhaitons que les autorités nous viennent en aide », supplie L. Antoine, gérant d’une boutique de matériels électroménagers.

Entre vigilance collective et cris de cœur aux autorités de  Songon-Bimbresso, les populations  espèrent retrouver la tranquillité qui faisait la réputation et le lustre d’antan de cette commune.

Clarisse GBAKU