France: la députée Rachel Keke fait ses premiers pas à l’Assemblée nationale

Rachel Keke, députée du parti de gauche français La France insoumise (LFI) et membre de la coalition de gauche Nupes, arrive à l’Assemblée nationale française, à Paris, le 21 juin 2022, deux jours après les élections législatives.

Elle est femme de chambre dans un hôtel, d’origine ivoirienne, et vient d’entrer à l’Assemblée nationale. À 48 ans, Rachel Keke a été élue députée de la Nupes dans la 7e circonscription du Val-de-Marne. Elle s’offre même le luxe d’avoir battu au second tour l’ancienne ministre des Sports, Roxana Maracineanu. Très émue, Rachel Keke a fait ses premiers pas au palais Bourbon ce mardi 21 juin avec un message : tout est possible.

Arrivée en France après le coup d’État militaire de 1999 en Côte d’Ivoire, Rachel Keke n’était jamais entrée dans l’Assemblée nationale. « C’est vraiment historique, confie-t-elle. C’est un message, en fait, de dire aux gens, même si tu ne sais pas t’exprimer, si tu ne sais pas lire et écrire, que tu as de l’intelligence, tu peux être député. » Bien sûr, Rachel Keke, femme de chambre, doit encore découvrir les arcanes de l’Assemblée. Quand on lui demande, par exemple, dans quelle commission elle a envie de siéger, elle répond qu’elle ne sait pas. Ce qu’elle sait en revanche, c’est qu’elle ira très vite discuter avec les femmes de ménage de l’Assemblée nationale : « Je veux aller voir si elles travaillent dans des meilleures conditions. On ne peut pas accepter que là où on décide des lois, des femmes qui nettoient là-bas soient méprisées. »

Au détour d’une allée, Rachel Keke croise le député « insoumis » François Ruffin. « Ça devrait être normal qu’il y ait des femmes de chambre, affirme-t-il, qu’il y ait des agents d’entretien qui entrent dans cet hémicycle et imposer une forme de parité sociale, tout comme on a imposé une parité de genre. »

Première femme de ménage à siéger à l’Assemblée, Rachel Keke a dédié cette victoire à ses collègues de l’hôtel Ibis Batignolles pour lesquels elle s’était battue pendant vingt-deux mois pour obtenir de meilleures conditions de travail.

rfi.fr