3-12-2019 (AfrikMonde.com) La 25e réunion annuelle de l’ONU sur le climat (COP25) s’est ouverte le 2 décembre 2019 à Madrid, la capitale espagnole, avec pour slogan « Time for action : le moment d’agir ». en toile de fond de cette rencontre sur le climat, d’importants dossiers mis sur la table lors de la COP 24. Malheureusement, selon une dépêche de Rfi, celle-ci ne suscite pas d’enthousiasme chez les Espagnols. Quand bien même ils sont fiers de la capacité de leur pays à organiser en si peu de temps, un tel sommet qui, en général nécessite de longs mois de préparation.
Et pourtant, après les accords de Paris, la rencontre de Madrid se présente comme un important rendez-vous pour mesurer l’engagement des Etats à réduire les émissions de gaz à effet de serre. En préambule de de la COP 25, le dimanche 1er décembre 2019, le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé un manque de volonté politique.
Puis de partager son inquiétude selon laquelle 2019 allait se hisser dans le top 5 des années les plus chaudes. Il n’a pas manqué de dresser une liste des autres effets dévastateurs et meurtriers du changement climatique, dont la hausse du niveau des océans, la fonte des calottes polaires et les sécheresses.
« Depuis de nombreuses décennies, l’espèce humaine est en guerre contre la planète et la planète est en train de se défendre. Nous devons arrêter notre guerre contre la nature, et la science nous dit que nous pouvons y arriver. Nous devons limiter la hausse des températures mondiales à 1,5 degré Celsius, atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 et réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % par rapport à 2010 d’ici à 2030 », a indiqué le Secrétaire Général de l’ONU.
Poursuivant, Antonio Guterres a regretté que les efforts ont été insuffisants pour atteindre ces objectifs, d’autant plus que de nombreux pays ne respectent pas les engagements pris à Paris qui devaient amener à une hausse des températures de 3°.
« Ce qui manque toujours, c’est la volonté politique, la volonté politique de mettre un prix sur le carbone, d’arrêter les subventions sur les combustibles fossiles, d’arrêter la construction de centrales au charbon à partir de 2020, de taxer la pollution au lieu de taxer les personnes. Il suffit d’arrêter de creuser et de forer, et tirer parti des vastes possibilités offertes par les énergies renouvelables et les solutions fondées sur la nature », a-t-il noté.
Rappelons que c’est au Chili que devait se tenir la COP 25. Cela n’a pas été possible du fait de la contestation inédite dans ce pays. Poussant les autorités à annuler également le sommet du forum de Coopération économique Asie-Pacifique.
L’an dernier, la COP 24 avait doté le pacte climatique des règles nécessaires à sa mise en œuvre, sauf sur un dossier compliqué et très controversé : les marchés carbone.
Autre sujet récurrent de discorde qui reviendra sur la table : l’assistance aux pays en développement pour s’adapter aux incidences et réduire leurs émissions. Les pays du Nord ont promis de porter ces financements à 100 milliards de dollars par an d’ici 2020. Selon le dernier rapport de l’OCDE, ces chiffres sont en hausse, avec 71,2 milliards en 2017.
Mais les pays du Sud réclament aujourd’hui une accélération des négociations sur le financement des « pertes et dommages » subies, qu’un groupe d’ONG a récemment estimé à 300 milliards par an en 2030. Certains États réclament la mise en place d’un mécanisme spécifique de financement, qui pourrait, par exemple, être alimenté par une taxe sur les billets d’avion internationaux.
Ephraïm Aboubacar
