Pour sa première édition, CyberEx, simulation nationale de crise cyber pilotée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), s’est ouverte le mercredi 28 octobre 2026 au Radisson Blu de Port-Bouët. Acteurs publics et privés ont répondu présents.
Anticiper avant la crise Parrain de la rencontre, le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, était représenté par Mamadou Touré, ministre de la Jeunesse et de la Promotion de l’emploi. Son message tient en une idée : se préparer avant que la crise n’éclate. « On ne découvre pas sa cellule de crise les jours de la crise », a-t-il martelé.
Une affaire de défense nationale Pour le ministre, la cybersécurité ne relève plus du seul domaine militaire. Énergie, télécommunications, finance, administrations : tous les secteurs doivent conjuguer leurs efforts. « Vous êtes à votre manière des acteurs de la défense nationale », a-t-il lancé aux responsables informatiques et aux chefs d’entreprise. Il a aussi alerté sur le risque que les attaques numériques font peser sur la cohésion sociale et la confiance envers les institutions.
Un avantage compétitif Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a présenté la cybersécurité comme un gage de confiance et d’attractivité économique. La transformation numérique expose davantage les secteurs stratégiques à des risques d’interdépendance, a-t-il souligné. « La résilience numérique n’est donc pas un coût, c’est un avantage compétitif pour une économie », a-t-il affirmé. Il a invité les entreprises à intégrer le risque cyber dans leur gouvernance, à tester leurs plans de continuité d’activité et à signaler les incidents.
Il a cité en exemple Air Côte d’Ivoire, victime d’une attaque par rançongiciel dans la nuit du 8 février dernier. Grâce à son dispositif de continuité, la compagnie a pu maintenir ses opérations.
800 participants, deux jours d’exercice Le directeur général de l’Anssi, le colonel-major Guelpétchin Moussa Ouattara, a indiqué que près de 800 participants issus des secteurs de l’énergie, des télécommunications et de la finance prenaient part à la simulation, organisée sur deux jours. « Aucun système n’est invulnérable », a-t-il prévenu. L’enjeu : détecter vite, limiter les dégâts et rétablir les services essentiels.
Il a annoncé que CyberEx deviendra un rendez-vous annuel, avec une compétition appelée à s’ouvrir davantage aux jeunes talents.
Placée sous le thème « Résilience numérique nationale : anticiper, réagir, rebondir ensemble », cette première édition visait à renforcer la préparation collective face aux crises cyber. Elle s’est achevée le jeudi 29 octobre 2026.
Paul Elie Kouakou
