Côte d’Ivoire : toute la vérité sur la mort de la cantatrice Allah Thérèse #Musique

Définitivement, Allah Thérèse a rangé le micro, pour rejoindre son époux, N’Goran Laloi, décédé deux ans avant.

21-1-2020 (AfrikMonde.com) La nouvelle du décès de la doyenne de la musique tradi-moderne, Kouadio Amenan Thérèse dite Allah Thérèse, survenu dans la nuit du dimanche 19 janvier 2020 à l’hôpital général de Djékanou, a fait le chou gras des réseaux sociaux au cours de la journée du lundi 20 janvier 2020.

Le décès de la septuagénaire de la musique ivoirienne fait suite à celui de son époux d’accordéoniste, N’Goran Laloi, décédé en mai 2018. Allah Thérèse range ainsi le micro après plus de 60 ans de carrière musicale fort remplie. Que s’est-il passé pour que la native du village de Gbofia situé dans la sous-préfecture de Toumodi, quitte aussi brusquement ses familles et fans ?

Le film de la mort de Mala. Jusqu’au samedi 18 janvier 2020 dans la matinée, Allah Thérèse respirait la grande forme malgré le poids de l’âge. Mala ( diminutif de madame Allah, donné par son binôme et époux Laloi, rencontré dans les années 1950, à l’occasion de manifestations funéraires) vivait paisiblement à Konan Kokorékro avec le véhicule de type 4X4 offert récemment par le Président de la République.

A bord de son bolide, elle a sillonné son village natal le mercredi dernier, en présence de ses parents, filles et fils. C’est dans la nuit du samedi qu’un malaise au cou contraint la vieille à regagner sa chambre de Konan Kokorékro dans l’espoir d’un soulagement. Le persistant mal donne l’insomnie à la diva de la musique tradi-moderne qui est transportée d’urgence auprès de son médecin attitré à l’hôpital général de Djékanou.

En ces lieux, son cou s’est enraidi et elle ne pouvait plus faire de mouvement de tête, selon son homme de main et manager, Lambert Brou. Toujours selon celui-ci, la chanteuse devait être conduite à Abidjan pour la suite de ses soins, à la demande du Ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman. Malgré le traitement intensif du médecin, la chanteuse n’a pas supporté son pernicieux mal. Hélas, c’est la consternation dans ce centre de santé. Comme une trainée de poudre, la nouvelle endeuille les bourgs de Gbofia et Konan Kokorékro. Sans oublier les réseaux sociaux et la grande famille du show-biz. Allah Thérèse ne reviendra plus, contre toute attente.

Le parcours musical de la diva ivoirienne. Allah Thérèse a formé un duo musical avec l’accordéoniste N’Goran Laloi, son mari originaire de Konan Kokorekro, un village situé à une vingtaine de kilomètres de la ville de Toumodi. Mala a débuté sa carrière professionnelle en 1956. Pour cette moitié du musicien Laloi issue d’une famille de neuf enfants, la musique était une véritable passion malgré ses peines. Elle croyait à l’avenir radieux de son duo avec celui qu’elle appelait son « meilleur ami », N’goran Laloi.

« A partir du moment où j’ai constaté que nous n’arrivions pas à faire d’enfant, j’ai décidé d’en faire mon métier. Dans notre culture Baoulé, quand quelqu’un n’a pas d’enfant, le jour où la personne décède, au bout d’une semaine, elle est oubliée par tous. J’ai décidé de marquer mon temps avec la chanson », répétait souvent la cantatrice à ses visiteurs. La chanteuse ne passait pas inaperçue avec sa coiffure appelée « Akôrou Koffié », qui signifie en Baoulé, sa langue maternelle, « les butes d’ignames ».

Eprise de message d’amour et de paix, la diva ne manquait pas aux cérémonies officielles organisées par le Président Félix Houphouët-Boigny, dans les années 60, 70 et 80.  Le 19 juillet 2019, Allah Thérèse accompagnée de son fils, Prince Laloi qui est aussi accordéoniste comme son défunt père, s’est présentée attristée sur le podium lors de la dédicace de l’album « Be gnan sou moayé » conçu avec son mari.

Plusieurs autres dédicaces dans les villes de Bouaké et de Botro étaient prévues dans les semaines à venir, après celle de Toumodi. Le 24 mai 2012, Allah Thérèse reçoit la distinction de Chevalier de l’Ordre du mérite ivoirien. Depuis 2014, elle bénéficie d’une pension viagère de la part de l’État qui lui a offert un logement à Toumodi. Son départ suscite l’émotion mais surtout beaucoup de reconnaissance pour cette pionnière qui n’a pas vécu en vain.

Aimé Dinguy’s N.

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