[Smartphone]Une menace sur votre fertilité

Abidjan,01-07-2026 (AfrikMonde.com) Selon la consœur journaliste marocaine, alors que de nombreux pays font face à une baisse continue de leur taux de fécondité, deux récentes études américaines avancent une explication inattendue : la généralisation des smartphones pourrait avoir contribué à ce phénomène à l’échelle mondiale.

Publiée par le National Bureau of Economic Research, explique la consœur marocaine, une première étude menée par des chercheurs de l’université de Middlebury s’est intéressée à l’évolution de la natalité aux États-Unis depuis l’arrivée de l’iPhone en 2007. Les auteurs relèvent que le taux de fécondité américain a chuté de près de 22 % depuis cette date, une période qui coïncide avec la démocratisation rapide des smartphones, fait-elle savoir.

Pour tester leur hypothèse, les chercheurs ont comparé les régions américaines bénéficiant initialement de la couverture de l’opérateur AT&T, seul distributeur de l’iPhone à son lancement, à celles qui n’y avaient pas accès. Leurs résultats montrent une baisse plus prononcée de la fécondité dans les zones où l’appareil était disponible dès les premières années.

L’étude souligne que le phénomène touche principalement les 15-24 ans. Selon les chercheurs, cette évolution serait davantage liée à la diminution des interactions sociales en présentiel qu’à des facteurs économiques traditionnellement associés à la natalité.

Ils estiment toutefois que le smartphone ne constitue pas l’unique explication à la baisse des naissances, mais qu’il représente un facteur significatif souvent négligé dans les analyses démographiques contemporaines.

Un phénomène observé dans de nombreux pays

Une seconde étude, réalisée par les économistes Nathan Hudson et Hernan Moscoso Boedo de l’université de Cincinnati, est venue renforcer cette hypothèse à une échelle bien plus large. Les chercheurs ont examiné les données de 128 pays en croisant les statistiques relatives à la diffusion des smartphones avec celles concernant la fécondité des adolescentes. Leurs conclusions révèlent une accélération de la baisse des taux de natalité dans plusieurs régions du monde au fur et à mesure de l’adoption massive de ces technologies.

Fait marquant, cette tendance a été observée dans des pays aux réalités économiques, sociales et culturelles très différentes, suggérant l’existence d’un phénomène mondial dépassant les spécificités nationales.

Ces travaux interviennent alors que plusieurs États cherchent à enrayer le déclin démographique par des mesures d’aide financière ou de soutien aux familles. Les chercheurs estiment cependant que si la transformation des comportements sociaux et relationnels liée aux usages numériques joue effectivement un rôle important, les politiques centrées uniquement sur les incitations économiques pourraient ne pas suffire à inverser la tendance.

Les auteurs parlent ainsi d’un véritable « choc technologique mondial », dont les effets sur les comportements sociaux et reproductifs continuent d’être étudiés par la communauté scientifique.

Clarisse GBAKU