
Abidjan, 29-06-2026 (AfrikMonde.com) C’est un secret de polichinelle. L’orpaillage illégal, source de nombreuses pertes économiques pour l’Etat de Côte d’Ivoire, de la dégradation des terres agricoles, de la pollution des cours d’eau au mercure et au cyanure, de l’insécurité accrue autour des sites clandestins et de recours au travail des enfants.
Face à cette situation alarmante qui perdure, malgré les actions de répressions des autorités ivoiriennes, la Fédération des coopératives minières de Côte d’Ivoire (Fecomci) se veut la solution pour éradiquer ce fléau.En effet, cette Fédération veut promouvoir une exploitation artisanale responsable et lutter efficacement contre les activités clandestines.
A juste titre, dans un document de presse, le président de la fecomci, Koné Seydou a expliqué que les coopératives minières sont des organisations qui regroupent des femmes et des hommes issus des communautés des zones d’exploitation. Lesquelles entités sont fondées sur les valeurs de solidarité, de responsabilité et de gouvernance participative.
Pour la Fecomci, l’Etat de Côte d’Ivoire doit porter plus son attention sur les coopératives minières car, selon lui, « elles permettent aux exploitants artisanaux d’exercer leurs activités dans un cadre légal et organisé, conformément à la réglementation en vigueur. » Poursuivant, il a précisé qu’à l’inverse, « l’orpaillage illégal se caractérise par toute exploitation minière réalisée sans autorisation des autorités compétentes. »
Comme on le voit, cette pratique qui échappe aux mécanismes de contrôle de l’Etat de Côte d’Ivoire, favorise l’exploitation anarchique des ressources naturelles et expose les populations à de nombreux risques environnementaux, sanitaires et sociaux.
Revenant sur les conséquences de l’exploitation clandestine ou illégale, Koné Seydou a indiqué que : « les terres agricoles sont dégradées, les sols perdent leur fertilité, les forêts disparaissent progressivement et les cours d’eau sont contaminés par les produits utilisés dans le traitement du minerai. Ces atteintes affectent directement les moyens de subsistances des populations rurales dont l’agriculture demeure la première activité économique », a-t-il déploré.
Pour la Fecomci qui a vu le jour en mars 2026 dernier, les coopératives minières constituent une force pouvant éradiquer ce fléau. « Parce qu’elles sont implantées au cœur des communautés des communautés, les coopératives minières disposent d’un avantage majeur dans la lutte contre ce fléau. Elles connaissent les réalités du terrain, identifient rapidement les mouvements d’exploitants clandestins et entretiennent un dialogue permanent avec les populations locales », explique le président de la Fecomci, pour qui, la proximité des coopératives minières avec les populations locales leur permet d’assurer une veille communautaire efficace et de sensibilisation des habitants quant aux dangers liés à l’exploitation illicite des ressources minières.
Entre autres raisons devant amener l’Etat de Côte d’Ivoire à faire confiance aux coopératives minières, explique son président, « elles jouent également un rôle essentiel dans la protection du patrimoine naturel. Elles participent activement à la préservation des terres agricoles, des forêts et des ressources en eau, tout en encourageant des pratiques minières plus responsables et respectueuses de l’environnement. »
A en croire le présent Koné Seydou, l’action des coopératives contribue à concilier développement économique présentant des écosystèmes et bien-être des communautés. La Fecomci a également insisté sur la constitution légale des coopératives artisanales minières. « L’obtention d’une autorisation officielle confère par ailleurs, aux coopératives une responsabilité particulière. Elles sont tenues de respecter les cahiers de charges définis par l’administration, d’assurer la traçabilité de la production, de rendre compte régulièrement aux autorités compétentes et de veiller au respect des normes environnementales, sociales », souhaite-t-il.Pour la Fecomci, en permettant à ces coopératives d’être ben règle, l’Etat de Côte d’Ivoire gagne beaucoup. « Cette responsabilité renforce la transparence du secteur artisanal et facilite le contrôle des activités minières par l’Etat de Côte d’Ivoire », affirme-t-elle.
Somme toute, pour la fecomci, le secteur minier, singulièrement aurifère ivoirien ne peut mieux se porter que si et seulement si l’on crée une réelle collaboration et coopération entre les coopératives, les institutions publiques, les collectivités territoriales, les services techniques de l’Etat de Côte d’Ivoire ainsi qu’avec les forces de sécurité. « Cette coopération permet d’améliorer la surveillance des sites, de renforcer les mécanismes de prévention, et de mieux protéger les ressources nationales contre les réseaux d’exploitation illégale », se convainc-t-elle.
La Fecomci, à travers ce document réaffirme son engagement à accompagner les coopératives dans la professionnalisation de leurs activités, la promotion d’une exploitation minière responsable et la défense des intérêts des communautés locales. Celle fédération a dit demeurer convaincue que la structuration des exploitants constitue l’un des leviers les plus efficaces pour réduire durablement l’orpaillage illégal et instaurer une gouvernance minière fondée sur la légalité, la transparence et le développement durable.
« L’avenir du secteur minier artisanal en Côte d’Ivoire repose sur une mobilisation collective où les coopératives, les populations, les autorités administratives et les partenaires techniques travaillent de concert pour faire de l’exploitation artisanale, une activité génératrice de richesses, respectueuse de l’environnement et bénéfique pour les générations présentes et futures », conclut-elle.
Au regard de tout ce qui précède l’on peut affirmer que l’Etat de Côte d’Ivoire se doit de faire confiance à cette fédération pour assainir ce secteur.
Clarisse GBAKU
