Mines artisanales : Depuis Assouindé, Koné Seydou interpelle l’Etat de Côte d’Ivoire

Assouindé, 28-09-2026 (AfrikMonde.com) « L’appel que je lance à l’État, c’est d’écouter les opérateurs, c’est de nous écouter. C’est d’écouter les coopératives. On ne peut pas faire autrement », déclarait Koné Seydou, président de la fédération des coopératives de Côte d’Ivoire (Fecomci), les 25 et 26 septembre 2026 lors du dîner de gala de reconnaissance de l’Union des patrons de la presse en ligne de Côte d’Ivoire à ses partenaires et de célébration du mérite des journalistes, à Assouindé.

Au cours de cette soirée riche en couleurs, le président de la Fecomci a plaidé pour un dialogue direct entre l’État et les acteurs du secteur minier. Pour lui, en effet, en vue de solutions durables face à l’orpaillage illégal, les acteurs de ce secteur d’activités se doivent d’être associés toutes décisions ou démarches quelles qu’elles soient.

 »On va beau mettre les gens en prison, on va beau faire tout, mais tant qu’on n’a pas organisé ces gens-là…  »

Saluant la presse ivoirienne pour son travail abattu et les encourageant à continuer sur cette lancée, il a indiqué que la solution face à la situation qui prévaut nécessite la formalisation, l’encadrement, la formation et le contrôle des acteurs, de sorte à permettre à l’État de Côte d’Ivoire de mieux connaître les opérateurs, de suivre leurs activités et d’exercer effectivement son droit de regard sur ce secteur d’activités. « On va beau mettre les gens en prison, on va beau faire tout, mais tant qu’on n’a pas organisé ces gens-là… », s’est-il voulu clair, non sans appelé à une stratégie permettant aux acteurs de sortir durablement de l’informel.

Pour le président de la Fecomci, l’enjeu est de faire évoluer le secteur minier artisanal vers une activité mieux structurée, plus traçable et économiquement profitable, tout en permettant à l’État de mieux contrôler les opérations et d’en tirer des recettes. Reconnaissant en effet, la responsabilité des acteurs du secteur minier, il a invité les coopératives et leurs membres à abandonner les pratiques illégales et à accepter les exigences liées à la transparence, à la réglementation ainsi qu’à la protection de l’environnement. Pour lui, la défense des intérêts des opérateurs ne peut pas signifier fermer les yeux sur les irrégularités. La fédération entend ainsi promouvoir une approche dans laquelle les producteurs deviennent eux-mêmes une partie de la solution, à condition d’être organisés, formés, responsabilisés et accompagnés dans un processus clair de formalisation.

De la création de la FECOMCI

Créée en mars 2026, la Fédération des coopératives minières de Côte d’Ivoire regroupe aujourd’hui près d’une centaine de coopératives. A en croire son président, ce nombre peut évoluer en fonction des coopératives effectivement actives et disposant des autorisations nécessaires. La fédération représente également plusieurs milliers de travailleurs. Certaines coopératives peuvent, selon son président, mobiliser plusieurs centaines de personnes sur un même site, ce qui donne au secteur un poids social et économique important Mais Koné Seydou insiste sur une distinction essentielle: être constitué en coopérative ne signifie pas automatiquement disposer du droit d’exploiter. Formation, traçabilité et environnement telle est la nouvelle feuille de route de la Fecomci.

Clarisse GBAKU