Le énième report du procès de Amadou Haya Sanogo entraîne la colère des magistrats au Mali #Putsch

19-1-2020 (AfrikMonde.com) Les magistrats maliens ne décolèrent pas contre ce qu’ils qualifient d’immixtion du Gouvernement dans les affaires judiciaires. Ils l’ont manifesté le vendredi 17 janvier 2020, à travers un communiqué rendu public. En effet, ce communiqué fait suite aux conditions d’annonce (Ndlr : par Tweet) du nouveau report du procès du putschiste Amadou Haya Sanogo, chef de l’ex-junte qui devait être jugé le lundi 13 janvier 2020, avec d’autres militaires pour « assassinats et complicité d’assassinat », dans l’affaire d’une vingtaine de militaires bérets rouges en 2012 et retrouvés dans une fosse commune de Kati, près de la capitale malienne.

Très remontés contre le Gouvernement, les magistrats maliens l’ont invité à respecter la séparation des pouvoirs. D’autant que selon eux, il n’appartient pas à l’Exécutif d’annoncer ce report. « Nous condamnons avec vigueur et avec la plus grande fermeté cette attitude du gouvernement du Mali qui jure avec l’orthodoxie républicaine puisque donnant l’impression qu’une justice aux ordres », soutient Bourama Kariba Konaté, président par intérim du Syndicat autonome de la magistrature (SAM).

Auteur du coup d’Etat militaire du 22 mars 2012 contre le Président Amadou Toumani Touré (ATT), Amadou Haya Sanogo a été interpellé par des militaires, le mercredi 27 novembre 2013, à son domicile de Bamako, pour être conduit devant un juge d’instruction.

Ancien capitaine promu général quatre étoiles en août 2013, l’officier putschiste avait été convoqué fin octobre par un juge d’instruction de Bamako, devant qui Il n’avait pas daigné se pas présenter. Une attitude qui avait provoqué l’indignation de plusieurs partis et organisations de la société civile au Mali.

Dans les mois qui ont suivi le coup d’État militaire, en effet, le quartier général de Amadou Sanogo et ses hommes, situé dans une caserne de Kati, près de Bamako, a été le théâtre de nombreuses exactions commises contre les bérets rouges, considérés comme fidèles au président ATT.

Abdoul Kader Soumahoro

 

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