En Italie, 4 migrants brûlés vifs

Abidjan, 03-06-2026 (AfrikMonde.com) Le « caporalato » désigne une forme d’esclavage moderne, dans laquelle des intermédiaires fournissent de la main-d’œuvre à bas coût aux exploitations agricoles, souvent sous le contrôle – ou avec le soutien – d’organisations mafieuses redoutables.

Selon un rapport du syndicat CGIL, le plus ancien et le plus important d’Italie, près de 70% des ouvriers agricoles concernés travaillent sans contrat.

Pour tenter d’endiguer le phénomène, une loi adoptée en 2025 prévoit jusqu’à six ans de prison pour les exploitants reconnus coupables d’exploitation ainsi que la saisie de leurs biens. Mais le pays manque de moyens : l’Italie aurait besoin d’au moins 6 000 inspecteurs du travail supplémentaires pour faire respecter la législation, mais aussi des politiques de prévention.

Une exploitation qui dépasse le seul secteur agricole

Le phénomène ne se limite pas au domaine de l’agriculture. L’exploitation extrême de travailleurs étrangers touche également d’autres secteurs de l’économie, notamment le textile, la logistique et le bâtiment, particulièrement dans le nord et le centre du pays.

À Milan, une enquête pénale vient ainsi d’être ouverte contre un dirigeant turc de la filiale italienne d’une entreprise américaine de construction. Selon le parquet, il aurait employé clandestinement des centaines de travailleurs indiens sur le chantier du futur consulat américain.

L’homme a été incarcéré pour avoir employé sans contrat des centaines d’ouvriers indiens à hauteur de deux euros de l’heure, tout en leur imposant des journées de douze heures, y compris lorsqu’ils étaient malades.

Source : Rfi