Suppression des cours de renforcement : En Côte d’Ivoire, parents d’élèves, élèves et enseignants donnent leur avis

Un enseignant d’une école privée en plein cours (PH/DR)

Abidjan,05-10-2026 (AfrikMonde.com) La décision du ministre de l’Education nationale, N’Guessan Koffi de mettre fin aux cours de renforcement payants suscite des réactions notamment chez les parents d’élèves, les apprenants et les enseignants.

Si certains saluent cette décision qui, selon eux vise à assainir le milieu de l’éducation, d’autres, singulièrement les enfants issus de familles modestes la trouvent inopportune.« Cette décision n’est pas faite pour nous aider. Trouver un répétiteur pour encadrer nos enfants du primaire c’est quasi impossible voire, très cher. C’est grâce aux cours de renforcement que mes enfants comblent leurs lacunes. Avec cette mesure, c’est la porte ouverte aux mauvais résultats scolaires », dénonce M. Zamblé Edouard, assureur de profession.

 »….non seulement ne sont pas obligatoires mais nous aident énormément »

« Les cours de renforcement, renchérit Diabaté Aminata, élève en classe de terminale D, au lycée classique d’Abidjan, non seulement ne sont pas obligatoires mais nous aident énormément. Je souhaite que le ministre laisse libre cours à ceux qui en ont besoin. »

Pour les enseignants, les cours de renforcement sont initiés à la demande des parents d’élèves qui, par faute de moyens ou de temps matériels n’arrivent pas à encadrer leurs enfants à la maison. Et non à des fins lucratives.

« Les cours de renforcement sont à 5000 FCFA le mois, dans l’établissement où j’enseigne ; alors que les cours à domicile varient entre 25 à 30. 000 FCFA selon les niveaux. Ce qui revient cher aux parents d’élèves. Nous voulons aider nos enfants mais, moyennant une contribution. Finir les cours à 17 heures et rester jusqu’à 18 heures pour les renfos sans un désintéressement, franchement ce n’est pas possible », explique M. Kouassi Wilfried enseignant dans un établissement privé de la place.

 »Trouver un répétiteur pour encadrer nos enfants du primaire c’est quasi impossible voire, très cher »

Contrairement à ses prédécesseurs, Mme Gnamien Odette juge la décision du ministre de l’Education salutaire. Pour elle, certains établissements exigent les cours de renforcement à leurs apprenants juste pour se remplir les poches et donner des moyennes de complaisance à ceux qui y participent.

« Je trouve la décision du ministre très opportune. Des fondateurs d’écoles incluent les cours de renforcement dans la scolarité. Tous les enfants inscrits dans lesdits établissements sont ainsi obligés de faire les cours de renforcement. De gré ou de force. Moi, je vois en cela, une forme d’escroquerie qui ne dit pas son nom », fustige-t-elle.

Dans la même veine, Salimata Fatim dénonce « la mauvaise foi » de certains professeurs qui « gonflent » les moyennes de tous « ses » élèves qui prennent part aux cours de renforcement.

« La décision du nouveau ministre de supprimer les cours de renforcement est une bonne chose. Des professeurs se font de l’argent sur le dos des parents d’élèves, alors qu’ils sont payés pour nous dispenser les cours de façon professionnelle. Mais, ils préfèrent gonfler les moyennes de nos camarades qui n’étudient pas, jusqu’à faire d’eux les premiers de la classe », se réjouie Salimata en seconde C dans un collège public de la place.

En attendant la mise en œuvre de cette décision, les commentaires vont bon train.

 »Des professeurs se font de l’argent sur le dos des parents d’élèves, alors qu’ils sont payés pour nous dispenser les cours de façon professionnelle »

Pour rappel, communiqué du ministère de l’Education nationale daté du 1er octobre 2026, les cours de renforcement payants dans les établissements privés et publics sont interdits. A travers ce document, le ministre de l’Education invite les enseignants à faire fi des sommes d’argent auprès des parents en échange de cours de renforcement destinés à leurs propres élèves, moyennant de l’argent mais à renforcer la qualité et l’efficacité des cours dispensés dans le cadre scolaire afin de permettre à chaque apprenant de progresser grâce aux enseignements reçus pendant les heures officielles de classe.

Comme on le voit, cette mesure vise à mettre fin aux pratiques malsaines de certains enseignants véreux.

Clarisse GBAKU