Les soldats maliens et leurs partenaires russes de l’Africa Corps tiennent toujours le camp d’Anéfis, dans la région de Kidal, où ils sont retranchés depuis deux jours. Samedi, les jihadistes du Jnim et les indépendantistes du FLA ont mené conjointement une nouvelle série d’attaques : à Gao, dans le nord, Sévaré, dans le centre, ou encore Kenioroba dans le sud du pays. Ces attaques ont été de courte durée, les groupes armés se sont retirés ou ont été repoussés. Mais Anéfis, position stratégique de la région de Kidal, était le véritable objectif des groupes armés et fait toujours l’objet d’une âpre bataille. Les militaires et leurs partenaires ont perdu le contrôle de la ville samedi, continuent de tenir le camp militaire, mais subissent les frappes du FLA et du Jnim.
Depuis l’aube et dans le courant de la matinée, plusieurs salves d’obus et de drones kamikazes ont été tirés sur le camp. Le Front de libération de l’Azawad (FMLA) revendique « beaucoup de matériel détruit et de morts », ce qu’il est impossible de vérifier de source indépendante. Sollicitée par RFI, l’armée malienne n’a pas donné suite. Les jihadistes du Jnim et les indépendantistes du FLA ont commencé le siège du camp d’Anéfis. Ils tentent d’affaiblir les soldats maliens et leurs partenaires russes de l’Africa Corps avant, selon un chef militaire du FLA, de lancer l’assaut.
Camp assiégé, soldats prisonniers
Dimanche matin, leurs tirs ont empêché quatre hélicoptères de l’armée d’atterrir à Anéfis et, plus tard dans la journée, c’est un important convoi parti de Gao pour apporter du renfort qui a dû faire demi-tour. La quarantaine de véhicules, sous escorte aérienne, est tombée dans une embuscade. Un hélicoptère a été abattu à Tabrichat et le convoi a dû rebrousser chemin en abandonnant, selon le FLA, sept véhicules, parmi lesquels des camions chargés de carburant et de munitions.
Dans un communiqué diffusé ce lundi matin, l’armée malienne ne mentionne pas ces événements mais assure que les forces nationales, dimanche à Anéfis, « sont restées engagées avec détermination, poursuivant les combats tout au long de la journée avec courage et discipline ».
Frappes aériennes de l’armée
L’armée malienne avait déjà indiqué avoir mené des frappes aériennes samedi à Ti, Konna, Somadougou et Kouakourou, dans le centre du pays, mais aussi à Anéfis, contre des « véhicules cachés sous des arbres », selon les images et commentaires diffusés ce matin par le gouvernement de transition, qui évoquent des « terroristes » « neutralisés », en « débandade » et assurent que « les opérations se poursuivent ».
L’armée a encore mené des frappes aériennes dimanche, cette nuit et ce matin même dans un rayon d’environ trois à quatre kilomètres autour du camp d’Anéfis, avec des avions Soukhoi en provenance de Gao et des drones. Les indépendantistes assurent n’avoir subi aucun dégât, ce qu’il est – là encore – impossible de vérifier de source indépendante. Le communiqué diffusé ce matin par l’armée malienne ne mentionne pas ces frappes. L’Africa corps russe a pour sa part diffusé ce matin les mêmes images de frappes de drone remontant à samedi et commenté, sur les réseaux sociaux : « Nous sommes de Russie, nous continuons de détruire les terroristes en République du Mali. » Des messages de menaces contre Iyad Ag Ghaly, chef du Jnim, et Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du FLA, ont également été publiés.
Pas de négociations en cours
Le Jnim et le FLA, qui veulent donc s’emparer du camp militaire d’Anéfis, avaient déjà pris samedi le contrôle de la ville et des postes militaires alentours. Aucun bilan fiable des combats n’a pu être vérifié mais les indépendantistes du FLA ont diffusé des vidéos de soldats maliens capturés. Leur nombre précis n’est pas connu. Il s’agit essentiellement de militaires maliens, aucun Russe ne figure parmi les prisonniers.
Des rumeurs circulent sur de possibles négociations entre le FLA et l’Africa Corps. Fin avril, les Russes avaient obtenu de cette manière de quitter Kidal sains et saufs après leur défaite. Cette fois, l’Africa Corps russe, dans ses communications, et le FLA, joint par RFI, démentent toute négociation. La bataille d’Anéfis se poursuit donc. La localité représente un enjeu stratégique pour protéger Kidal, conquise le 25 avril par les groupes armés, qui contrôlent également Tessalit. Dans la région, l’armée malienne et l’Africa Corps russe étaient depuis restés présents à Anéfis et Aguelhoc.
Dans un communiqué diffusé dimanche soir, l’Union africaine « condamne avec la plus grande fermeté » les « attaques terroristes coordonnées » de samedi, estimant que « le terrorisme et l’extrémisme violent continuent de constituer une menace grave pour le Mali, le Sahel et l’ensemble du continent ».
Source : Rfi
