Guinée : « Stage d’encadrement civique » pour un opposant avant sa libération de prison

Le chef de l’État a accordé le 13 octobre une nouvelle grâce présidentielle à 312 détenus. Le 2 octobre dernier, toujours par décret, 217 personnes incarcérées avaient déjà bénéficié d’une telle décision. Pour obtenir leur libération, tous doivent se soumettre à un programme de réinsertion de 30 à 45 jours. Notamment l’opposant Aliou Bah. Son parti, le Mouvement démocratique libéral (Model) s’inquiétait de son sort depuis l’annonce de sa grâce, les autorités viennent de diffuser des photos de l’homme politique.

En chemise, short et calot couleur sable sur la tête – une tenue imposée par l’administration – Aliou Bah fait face au ministre de la Justice et des droits de l’homme de Guinée, Ibrahima Sory II Tounkara.

Un cliché, diffusé sur les réseaux sociaux du ministère de la Justice, pris sur la place d’armes de l’école nationale de gendarmerie de Sonfonia, dans la grande banlieue de Conakry, où se déroule « ce stage d’encadrement civique ». Dans son communiqué, le Garde des sceaux ajoute qu’il est venu vérifier « les conditions d’accueil et d’encadrement des stagiaires ».

Aliou Bah était libérable en janvier 2027

Condamné en janvier 2025 à deux années de prison ferme pour « offense et diffamation » envers le président Mamadi Doumbouya, Aliou Bah était libérable en janvier 2027. Son parti politique qui n’avait aucune information, s’inquiétait depuis son exfiltration de la prison de Coyah dans la nuit du 6 au 7 octobre dernier.

Des cadres du Model, qui estiment qu’Aliou Bah est un leader politique et non un délinquant de droit commun, tentent de lui épargner ce stage de réinsertion. Stage, indique les autorités, qui s’inscrit « dans une démarche visant à renforcer la responsabilisation, l’encadrement civique et la préparation à une réinsertion sociale dans le respect des valeurs et des lois ».

Source : RFI