Au Népal, les autorités népalaises font désormais état de plus de 1 000 morts et plus de 4 400 disparus, dans un bilan actualisé mardi 1er septembre, soit six jours après la crue dévastatrice. La destruction de la plupart des ponts et la pluie compliquent l’arrivée des secours. Pendant ce temps, les autorités tardent à demander des renforts à l’étranger, seule une poignée d’experts asiatiques a pu se joindre aux recherches.
Le jour de la catastrophe, Deepak Koirala, journaliste népalais, se trouvait à Katmandou. Ce n’est que le lendemain qu’il rejoint sa région, le district de Dhading, et constate l’ampleur des dégâts. « Je me suis rendu dans la zone touchée. Vingt-neuf de mes voisins étaient sur la route pour Gosaikunda, un lieu de pèlerinage très populaire. Ils s’y étaient rendus pour prier. C’est là qu’ils ont été pris dans cette immense inondation. Depuis, on est sans nouvelles d’eux, ils ont tous disparu », raconte Deepak Koirala, contacté par Nicolas Feldmann du service international de RFI.
Si le journaliste continue d’écrire quelques articles, de raconter pour les télévisions locales ou les radios, la catastrophe, il vient aussi en aide comme il peut dans sa région. « Ma mission est de rechercher les corps de mes voisins disparus. Je travaille avec la police et le gouvernement pour retrouver leurs dépouilles, explique-t-il. Et je participe aussi aux opérations d’aide dans ma région. Nous envoyons du matériel, de la nourriture, des vêtements et des équipements. On collecte tout ce qu’on peut, car les dégâts sont considérables. Une vingtaine de ponts ont été détruits, et près de 40 kilomètres de routes ont disparu. »
Des destructions qui compliquent un peu plus l’arrivée de l’aide et des secours. Avec des routes et des ponts emportés, certaines zones restent difficiles voire impossibles à atteindre.
Lenteur de l’arrivée de l’aide
La catastrophe du 26 août met les moyens du gouvernement népalais à rude épreuve et une partie de l’opinion s’impatiente, indique notre envoyé spécial à Katmandou, Emmanuel Derville.
Dans la localité de Trishuli, des familles ont trouvé refuge dans des écoles et souffrent à cause de la lenteur des secours. La bourgade n’est reliée au monde extérieur que par une ou deux pistes étroites et boueuses où les véhicules tout-terrain s’enlisent à cause de la pluie. Il faut parfois quatre heures pour parcourir quelques dizaines de kilomètres.
Des Népalais s’agacent de voir des ministres se rendre en hélicoptère dans les zones touchées alors que l’armée manque d’appareils. Deux seraient coincés en révision en Inde selon la presse locale, et les autorités n’ont accepté aucun renfort, malgré des propositions venant notamment d’autres pays.
Pourtant, les pays voisins comme la Chine et le Pakistan ont des hélicoptères lourds. L’armée indienne opère 15 Chinooks américains capables de transporter 11 tonnes de matériel. Pendant ce temps, les sinistrés ont besoin de ravitaillement. Le manque de médicaments, d’eau et de nourriture commence à se faire sentir.
Source : Rfi
