28-5-2020 (AfrikMonde.com) Dans cet entretien, le chantre de l’Eternel Anselme Semi N’cho Calixte Brou jette un regard sur la situation de vie des artistes pendant cette crise sanitaire liée à l’épidémie à Covid 19. L’auteur de Zôkô revient aussi sur son concept.
Votre nom colle parfaitement à une danse qui continue d’égayer les mélomanes. Qu’en pensez-vous ?
Mon entourage a contribué à mon succès. Mon nom rime avec grandeur. En Ebrié, ça veut dire qu’il est fils de garçon. Ce qui veut dire aussi le grand en langue Attié.
Peut-on dire que vous êtes au sommet de votre talent ?
Les artistes ont besoin d’un accompagnement en Afrique. Je ne peux pas dire que je suis au sommet de mon talent. Je suis au milieu. Je suis en train de tendre vers mon désir. C’est Dieu qui peut dire qu’un homme est au sommet de son art. Dans la vie, il est difficile de dire qu’on est sommet.
Pourquoi un long silence après votre dernier album ?
C’est une question de temps. Ce sont les mélomanes qui nous font. Ce sont eux qui définissent les règles. Il faut sortir un produit de qualité. Peut-être que la grâce de Dieu n’était pas avec moi, jusqu’à ce que je sorte Zôkô en 2010. Je sais que j’ai fait ma part. Il reste au public de me juger.
Expliquez-nous d’où est venue votre inspiration pour le morceau « zôkô » ?
L’homme est toujours en quête de l’excellence. Quand vous traversez des moments difficiles, ce n’est pas facile d’atteindre vos objectifs. Vous êtes en quête du meilleur. Les autres fois, j’ai fait une musique qui n’a pas donné un résultat escompté.
Est-ce la danse qui a donné une saveur à votre musique ?
Peut-être que c’est la vigueur que j’ai donnée au rythme. Ce n’est pas forcement la danse. Le ZôKô est un concept de danse bien rythmé de la côtière. Cela a créé le déclic. Je l’ai réussi grâce à Dieu. J’ai associé la danse et le rythme qui m’ont donné le succès musical.
D’aucuns soutiennent que vous avez plagié le concept Zôkô…
Je n’ai pas volé de danse. Je suis désolé. Il fallait être inspiré pour créer ce rythme. Personne ne peut voler l’inspiration. Que ceux qui disent que j’ai volé la danse et le rythme m’apportent les preuves. C’est une grâce de Dieu.
Hormis Zôkô, comment expliquez-vous la méconnaissance de vos autres albums ?
Dans le parcours de l’homme, il y a des hauts et des bas. Dieu est constant. A mon humble avis cela peut être dû à un manque de promotion. Mais celui de Zôkô a bénéficié de toute la promotion pour être ce qu’il est. Les autres albums n’ont pas connu la même promotion. Je ferai tout pour remettre les choses sur les rails pour le bien-être des mélomanes ivoiriens.
Comment avez-vous accueilli la fermeture des bars et night-clubs ?
Tout ce que Dieu fait est bon. Le confinement nous permet de travailler pour donner quelque chose à la hauteur. Je ne vois pas le confinement comme une fatalité. C’est une grâce de Dieu. Il nous permet de rester à la maison et de réfléchir. Je ne peux pas me plaire de la situation. C’est vrai que nous n’avons plus droit aux espaces pour nous exprimer, mais nous devons conformer à la décision. Je me suis soumis à la décision de nos autorités pour éviter que la maladie à coronavirus se propage. Il faut se protéger. C’est bon de voir les spectacles virtuels. C’est sans public mais cela permet aux artistes de vivre de leur art. Les spectacles virtuels ne sont pas à grande échelle. Je reçois des messages annonçant des spectacles. Mais c’est restreint. L’artiste doit vivre de son art.
Quels sont vos projets à court terme ?
Nous attendons le déconfinement total. A long terme, je peaufine mon album qui nécessite les moyens. A ce niveau précis, j’ai besoin de soutien. Quand on parle d’album, c’est un financement. Le zôkô doit être encore sublime pour éblouir les mélomanes. J’ai besoin qu’on puisse m’aider à rentrer en studio.
Réalisé par Aimé Dinguy’s N.
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