21-2-2025 (AfrikMonde.com) L’on a certainement frôlé le pire lundi 17 février dernier. Et pour cause, la forêt sacrée du village dénommée « Djenzouboh’’, qui abrite les fétiches protecteurs du village fait l’objet d’un bras de fer entre le chef du village, Nanan Yao Djê Nestor et un patriarche du nom de Boni Kouadio se réclamant propriétaire du site sacré.
Selon les informations recueillies sur place, depuis 2016, le vieux Boni Kouadio tente de procéder au lotissement de l’espace sacré, malgré les nombreuses oppositions de la chefferie. Le Dimanche 16 février 2025, alors que le village était plongé dans le calme et le silence du sommeil, un topographe mandaté par le vieil homme fait irruption dans la forêt pour y abattre un fromager et procéder au sciage.
Sacrilège ! Le chef du village s’y rend et confisque le matériel. Il n’en fallait pas plus pour irriter le vieux Boni Kouadio qui ne reconnaît pas l’existence de la forêt sacrée en ces lieux. D’invectives en invectives, le chef du village fait appel aux agents des Eaux et Forêts. Ceux-ci vont essuyer le courroux du vieux aidé de son fils menaçant qui aurait frappé le chef à plusieurs reprises du plat d’une machette.
Blessé dans son amour propre, le chef du village porte plainte contre les auteurs de la profanation du site sacré. Le vieil homme et son fils sont arrêtés et conduits à la gendarmerie de Dimbokro, pour répondre de leurs actes. Mais compte tenu de son âge avancé, le vieux Boni Kouadio est relâché en attendant le jugement. Maintenu à la gendarmerie, Boni Kouassi Bernard, le fils du vieux Kouadio Koffi Modeste, responsable de la délégation sous-préfecture et permanant du PDCI RDA d’être le propriétaire des bois sciés dans la forêt sacrée.
Il est aussitôt arrêté à son tour et incarcéré pour profanation d’un site sacré, malgré les interdictions. « Mon autorité est bafouée par Boni Kouadio qui met à mal mon autorité. J’ai été insulté devant les autorités. Je n’ai rien contre Modeste » indique le chef très remonté après son humiliation devant les agents.
Après deux jours de garde à vue, les détenus ont été libérés mercredi soir et le responsable du PDCI RDA a regagné son domicile. En attendant la suite de l’affaire, le vieux Boni Kouadio continue de clamer haut et fort être propriétaire de l’espace ‘’Djenzouboh’’ sous les regards interrogateurs des fétiches.
Frédérick Konaté O.
AfrikMonde.com