Conférence internationale : Universitaires nippons et africains à la recherche de solutions durables

AfrikMonde.com (18-01-2026) La cinquième conférence internationale sur les études japonaises a ouvert ses portes, le jeudi 15 janvier 2026 à Abidjan en Côte d’Ivoire, précisément à l’amphithéâtre François Yattien-Amiguet de l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (L’Ensea), autour du thème : « Co- créer des solutions durables : les leçons japonaises pour l’innovation socio-économique et environnementale en Afrique ».

A l’ouverture de ce séminaire, le directeur de cabinet adjoint du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Dr Élisée Napari Yéo, qui présidait cette rencontre au nom du ministre Jacques Assahoré, s’est félicité du choix thématique de cette 5e édition. Aussi, a-t-il fait remarquer que cela cadre avec les ambitions de développement de la Côte d’Ivoire consignées dans le Plan national de développement (Pnd 2026-2030). A l’en croire, aujourd’hui, le Japon est l’un des pays de référence dans le monde, un modèle auquel la Côte d’Ivoire s’identifie. D’ailleurs, c’est à ce titre que les autorités ivoiriennes attachent une importance capitale à cet atelier de réflexion. « Ce séminaire arrive à point nommé. Il constitue une plateforme privilégiée pour les décideurs. D’ailleurs, nous (la Côte d’Ivoire) n’avons plus droit aux excuses, car le Japon malgré les nombreux défis auxquels il est confronté, les tremblements de terre …, est aujourd’hui un pays développé. Nous devons nous inspirer de ce géant », a-t-il déclaré.

A sa suite, l’Ambassadeur du Japon en Côte d’Ivoire, Gomakubo Junji, a estimé pour sa part, que de telles occasions sont des opportunités pour le Japon et l’Afrique d’apprendre l’un de l’autre, surtout dans ce contexte mondial dominé par une crise environnementale et où il est nécessaire d’adopter des stratégies de développement plus prudentes et plus résilientes. Sur la thématique de cette journée d’étude, le diplomate nippon a laissé entendre que bien qu’aujourd’hui le Japon soit une puissance mondiale, il fait tout de même face à des défis. Ce qui justifie, qu’à travers ce séminaire, les universitaires et intellectuels japonais présents pour cet évènement, ne viennent pas en donneurs de leçons mais aussi pour apprendre des africains. « (…) le Japon fait face à divers défis. De ce fait, le gouvernement japonais prend de nombreuses initiatives pour redynamiser l’économie, revitaliser des régions rurales face aux situations démographiques, (…) ainsi que les catastrophes naturelles. Afin de répondre à ces défis et face à l’avenir de notre pays, nous sommes toujours à la recherche de bonne réponse. Je pense que la jeunesse, le dynamisme économique, la vision positive et l’optimisme de la vie, ainsi que le sens traditionnel de la solidarité qui caractérisent l’Afrique sont exactement ce dont le Japon a besoin aujourd’hui et ce qu’il devrait adopter », a-t-il soutenu. Et d’ajouter qu’il revient aux africains eux-mêmes de réfléchir à la manière dont ils peuvent introduire l’expérience et les méthodes de réussite japonaises.

Plusieurs pays réunis

Organisée par la Cellule d’analyse des politiques économiques du Cires (Capec) et le Japan Corner, la 5e conférence internationale sur les études Japonaise réuni quatorze (14) communicateurs venus respectivement du japon, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Sénégal, du Togo, du Benin et du Niger ainsi qu’une centaine de participants en présentiel et une vingtaine en ligne.

Pour le Professeur Alban Ahouré, directeur de la Capec et du Japan Corner, l’objectif de ce séminaire est de mettre en commun les expertises africaines et japonaises afin de promouvoir des solutions innovantes et durables, notamment dans les domaines comme la transition énergétique, la durabilité environnementale et la croissance inclusive, aussi bien en Afrique, tout comme au Japon. « Le thème de cette édition est innovant, car nous parlons de co-créer. Habituellement, nous parlions des leçons apprises du Japon, lors des éditions précédentes. Cette année, avec ce thème, nous voulons faire ressortir que le Japon peut apprendre des choses des pays africains, comme les pays africains ont besoin d’apprendre du Japon. Ce, en adaptant ce que nous apprenons à nos réalités », a-t-il soutenu. Par ailleurs, Pr Alban Ahouré, a fait remarquer qu’au terme de cette rencontre, un document portant des recommandations de politiques économiques et sociales sera produit, pour pouvoir enrichir les plans de développement des pays, les orientations stratégiques et les actions de développement des pays, notamment en matière d’environnement.

Vice-président de l’Université Félix Houphouët-Boigny (Ufhb), responsable de la Planification, de la Coopération et des Relations extérieures, le professeur Dion Yodé Simplice a salué cette nouvelle édition qui consacre la maturité des échanges culturels entre les deux entités.

Kouamé Yao

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