(AfrikMonde.com 22-03-2026). A Paris, France, dans le cadre du Salon international de l’agriculture (SIA 2026), Jules Dally, a lancé un appel aux Ivoiriens de la diaspora. Le Président du conseil d’administration (Pca) de la Fédération des Organisations professionnelles agricoles (Opa) de Producteurs de la filière hévéa de Côte d’Ivoire (Fph-Ci), a invité la diaspora à investir dans le Programme de renouvellement et d’extension de l’hévéa 2026-2035.
À Nanterre, en marge du SIA, la Fph-Ci a rencontré la diaspora ivoirienne à l’occasion d’une conférence qu’elle a organisé le samedi 28 février, dans le cadre du développement de la filière hévéa au profit des Producteurs. Jules Dally a lancé un appel aux investisseurs issus de la diaspora, les invitant à investir dans le renouvellement et l’extension de l’hévéa, une culture d’avenir. Au cœur des échanges, le Programme d’urgence de renouvellement et d’extension du verger hévéicole (Pure), sur lequel la conférence de haut niveau a été donnée par le Pca de l’Organisation interprofessionnelle agricole (Oia) Apromac, Charles-Emmanuel Yacé et dont la contribution à l’amélioration des revenus des Producteurs est l’un des enjeux capitaux, en plus de la capacité de ce programme à transformer durablement l’économie des zones rurales.

Le Pure prévoit de créer et de réhabiliter 500 000 hectares sur dix ans, soit 50 000 hectares par an, pour sécuriser l’approvisionnement des unités industrielles et améliorer durablement les revenus de plus de 240 000 producteurs. Un objectif ambitieux. Pour la Fph-Ci, cette expansion du verger constitue la condition essentielle d’une hausse durable des revenus des producteurs et d’une dynamisation économique des zones rurales. Jules Dally l’a fortement exprimé face aux membres de la diaspora, qu’il a invités à investir dans ce projet stratégique en vue de participer aussi bien à la transformation économique des zones rurales, d’accroître leurs revenus et de participer activement au rayonnement international de la Côte d’Ivoire, troisième producteur mondial de caoutchouc naturel et premier africain. Il a rappelé, à ce titre, le rôle déterminant des Ivoiriens de l’extérieur, nombreux à détenir déjà des plantations, dans l’essor futur de la filière.
Cette rencontre a été pensée comme un espace d’échanges destiné à susciter l’engagement financier et technique de la diaspora considérée comme un levier majeur de modernisation agricole.

Outre le Pca de la Fph-Ci ; celui de l’Aupcn, Lamine Sanogo et le Pca Yacé, la conférence a accueilli l’ambassadeur Aly Touré (représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture Fao), le Fonds international de développement agricole (Fida), le Programme alimentaire mondial (Pam), N’Guessan Koffi Rodrigue (Directeur général du Développement rural, Minaderpv). Elle a aussi enregistré la présence de Edmond Coulibaly (Dg Chpc), confirmant le soutien institutionnel aux projets structurants pour sécuriser l’avenir des producteurs.
« Dans sa marche pour une hévéaculture durable, compétitive et équitablement rémunératrice pour les acteurs de la chaine de valeurs, des défis conjoncturels et structurels se présentent (…) En réponse, l’Apromac a mis en place le Pure (…) L’atteinte des objectifs de ce programme passe par une parfaite compréhension des enjeux, une adhésion effective des acteurs, une synergie d’actions, un accompagnement institutionnel et technique. La présence de la filière hévéa à Paris est une occasion de présenter les défis, les enjeux et les leviers de la mise en œuvre du Pure à un parterre de personnalités, à une diaspora ivoirienne, forte de ses hommes, de ses femmes et d’investisseurs potentiels souvent déjà détenteurs de plantations d’hévéa en Côte d’Ivoire », a déclaré le Pca Dally.
Le Pure ambitionne donc de structurer un modèle agricole plus rentable, mais aussi et surtout plus écologique et plus inclusif : diffusion de plants améliorés, professionnalisation des exploitants, développement de l’agroforesterie, meilleure insertion des jeunes et des femmes dans l’économie hévéicole, réduction des impacts environnementaux grâce à l’accroissement de la pluviométrie avec l’installation de l’hévéaculture dans les zones marginales appelées à devenir de nouveaux bassins hévéicoles grâce à l’implantation de ce couvert végétal.
« Cela permettra de stimuler la pluviométrie », a indiqué le Pca de l’Oia Apromac.
En invitant explicitement les Ivoiriens de l’extérieur à intégrer le « Pure », le Président Jules Dally positionne la diaspora comme partenaire stratégique, établissant une sorte de convergence entre producteurs, investisseurs expatriés et institutions autour d’un objectif commun : faire de l’hévéaculture un moteur durable de prospérité territoriale en Côte d’Ivoire.
Nafi SANOGO (Sercom)
