A la découverte d’un établissement public d’accueil, au service des enfants en situation de handicap physique et mental #PouponnièreDabou

4-1-2020 (AfrikMonde.com) L’onde de choc produit par la rencontre avec ces êtres adorables abandonnés et vivant avec un handicap, qui avait envahi les visiteurs venus partager des moments de joie avec les pensionnaires de la pouponnière de Dabou, a vite fait place à une ambiance festive le samedi 28 décembre 2019. Avec un ballet extraordinaire, les poupons, dont tous souffrent d’un handicap physique ou mental, voire des deux, ont réservé un accueil chaleureux à leurs visiteurs de la fondation YEELEN que dirige Sarah Koffi D.

Ils sont au nombre de 97, dont l’âge varie de 4 mois à 35 ans, les pensionnaires de cet établissement que la directrice, Ouattara Korotoumou, présente comme la plus ancienne des pouponnières de Côte d’Ivoire dont la création remonte aux années 50. Ce sont au total 4 pouponnières publiques que le pays enregistre, notamment  Adjamé, Yopougon, Bouaké et Dabou.

Depuis le 17 avril 2017, avec son érection en structure spécialisée d’accueil et d’encadrement, la pouponnière de Dabou se caractérise par l’accueil exclusif d’enfants abandonnés vivant avec un handicap, ainsi que les enfants orphelins ou cas sociaux vivant également avec un handicap. Constituée de médecins, de kinésie-thérapeutes, d’infirmiers et d’assistants spécialisés, l’équipe d’encadrement mène ses actions à travers quatre principaux services dont, les services social, médical, de kinésie-thérapie et éducatif.

Son objectif est sans équivoque : assurer une prise en charge psycho-sociale, affective et psychomotrice à tous les pensionnaires. Ainsi, ceux-ci bénéficient de soins, de suivi éducatif, de l’assurance d’une alimentation suivie et variée, ainsi que l’amélioration de leur capacités fonctionnelles.

Le dynamisme, le don de soi et la passion de l’équipe d’encadrement à l’endroit de ces bouts-de-choux ont porté des fruits. A la clef, plusieurs trophées glanés. Il s’agit notamment du 1er Prix et du 3e Prix d’Excellence 2016 de la Meilleure maman de substitution respectivement décernée par le Président de la République, Alassane Ouattara, à Kama Déhé Léonie (Ndlr : maman poupon), et le Vice-Président, Daniel Kablan Duncan, à Kouassi Akissi Eugénie (Ndlr : maman mini). En 2017, la pouponnière de Dabou a été auréolée, une fois encore, par le prestigieux 1er Prix d’excellence de la Meilleure Maman de substitution.

Madame la Directrice Ouattara Korotoumou fait cependant face à une grande préoccupation. Quel avenir pour ces enfants que l’établissement a vu grandir et assiste impuissant devenir adulte sans la moindre aptitude et qui risquent de demeurer des assistés à vie ? Est-il possible de déceler des aptitudes chez certains d’entre eux ? L’heure n’est-elle pas venue d’essayer une autre stratégie qui viserait à socialiser ces enfants, à travers des rencontres avec des enfants normaux ?

En attendant, la direction de l’établissement a pris le taureau par les cornes, à travers la création d’une ferme au profit des pensionnaires dont l’âge se situe entre 17 et 35 ans. Suivra plus tard, le développement de cultures maraîchères à travers la création de potagers, toujours au profit de cette frange de la population de la pouponnière de Dabou.

Abdoul Kader Soumahoro  

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