4-2-2020 (AfrikMonde.com) Un film documentaire intitulé « Forêt en voie d’extinction, l’espoir de l’observation indépendante que sont les ONG », présenté le mercredi 29 janvier 2020, à l’Institut français d’Abidjan, a édifié les spectateurs sur le perpétuel combat mené par la Fondation des Chimpanzés Sauvages (WCF), l’ONG Notre Forêt, Notre Avenir (NOFNA) et des communautés locales, pour sauver la forêt classée du Cavally.
Grâce à l’approche de l’observation indépendante, de jeunes riverains courageux et des ONG ivoiriennes ont rejoint la WCF aux côtés de la Société de Développement des Forêts (SODEFOR), pour épargner cette forêt gravement menacée. L’observation indépendante a l’aval désormais du code forestier dans le pays. Elle permet à court et long termes de faire remonter les infractions forestières et les faits de corruption afin de responsabiliser chaque acteur et améliorer la gouvernance forestière.
A travers le film documentaire, l’on a pu se rendre compte que les exploitations agricoles, notamment la création non autorisée de plantations de cacao sont à l’origine de la destruction à grande échelle de la forêt. A cela il faut ajouter l’exploitation illégale du bois, le non-respect des textes règlementaires etc. Ainsi que l’avènement des bandes armées sans scrupule qui vendent illégalement des parcelles de terres, et les occupations anarchiques qui sont un poison pour la forêt du Cavally.
Jusque-là épargnée par le phénomène de la destruction des forêts, la forêt classée du Cavally connait de plus en plus le même sort que les autres forêts disparues. Sur une superficie de 64 200 hectares délimités, elle a perdu 21 186 hectares, soit 33% de son couvert. Fort heureusement, grâce aux actions conjuguées de WCF et de ses partenaires nationaux, environ 7 000 planteurs ont accepté de sortir du massif forestier.
La star du Reggae, Tiken Jah Fakoly, a salué l’initiative de WCF et de ses partenaires pour sauver la forêt classée du Cavally. Espérant que la campagne de sensibilisation soit davantage amplifiée, l’artiste a insisté pour que les générations futures ne soient pas privées du droit de voir des espèces sauvages protégées en voie de disparition. Il a plaidé pour que la forêt classée du Cavally ne subisse pas le même sort que sa voisine du Goin-Débé qui s’est vue dépouiller plus de 90% de son couvert par des planteurs de cacao.
Ephraïm Aboubacar
